Bassin Natur’O d’Épinal : d’où vient toute l’eau utilisée pour les épreuves de canoë-kayak ?

Bassin Natur’O d’Épinal : d’où vient toute l’eau utilisée pour les épreuves de canoë-kayak ?

Publié le Lundi 10 Août 2026

Les images des Championnats d’Europe juniors et U23 de canoë-kayak, organisés du 5 au 9 août à la base Natur’O d’Épinal, ont suscité de nombreux commentaires sur nos réseaux sociaux. Alors que les Vosges sont placées au niveau « crise » sécheresse, une question est revenue régulièrement : comment le bassin d’eaux vives peut-il fonctionner avec un débit aussi important ?

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La réponse tient à la conception même de l’équipement : l’eau qui dévale le parcours n’est pas consommée. Elle provient de la Moselle et retourne ensuite dans la rivière. La Ville d’Épinal précise que l’eau est puisée dans la rivière avant d’y être renvoyée après son passage dans le bassin.

Trois immenses vis d’Archimède remontent l’eau

Le principe est relativement simple. L’eau de la Moselle est remontée jusqu’au départ du parcours grâce à trois vis d’Archimède de quatre mètres de diamètre. Elle descend ensuite les 200 mètres du bassin d’eaux vives avant de rejoindre à nouveau la rivière.

Ce système permet de créer le courant nécessaire aux kayakistes sans que l’eau utilisée pour alimenter le parcours soit définitivement soustraite à la Moselle.

La station de pompage permet d’obtenir un débit pouvant atteindre 12 m³ par seconde. À pleine puissance, cela représente 43 200 m³ d’eau transitant dans le parcours en une heure. Mais ce chiffre ne signifie pas que 43 200 m³ d’eau sont consommés chaque heure : il correspond au débit d’eau qui traverse le bassin, avant son retour dans la Moselle.

L’eau retourne dans la Moselle

La distinction est importante. Faire fonctionner Natur’O ne revient donc pas à remplir continuellement une immense piscine avec de l’eau qui serait ensuite évacuée ou perdue.

Le bassin utilise l’eau de la Moselle pour créer artificiellement les conditions nécessaires à la pratique du canoë-kayak. Après avoir été remontée mécaniquement puis avoir parcouru le stade d’eaux vives, cette eau rejoint de nouveau la rivière.

Selon Hydrostadium, qui a participé à la conception du stade d’eaux vives, le choix des vis d’Archimède permet également de faciliter le passage des poissons par rapport à des pompes traditionnelles.

Une question particulièrement sensible en période de sécheresse

Les interrogations suscitées par les images des Championnats d’Europe prennent une dimension particulière dans le contexte actuel. Les Vosges sont placées au niveau « crise », le niveau le plus élevé du dispositif sécheresse, avec de nombreuses restrictions concernant les usages de l’eau.

Le projet Natur’O avait fait l’objet, avant sa construction, d’une procédure d’autorisation environnementale et d’une enquête publique portant notamment sur les conséquences du futur équipement sur le milieu aquatique.

Le spectaculaire torrent visible pendant les compétitions ne correspond donc pas à des milliers de mètres cubes d’eau définitivement prélevés dans la Moselle. Il s’agit essentiellement d’un débit d’eau mis en mouvement pour créer le parcours d’eaux vives, avant d’être restituué à la rivière.

Pour vérifier et aller plus loin

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