Grand : une campagne de fouilles explore le mystère d’un bâtiment antique aux 500 dés à jouer

Grand : une campagne de fouilles explore le mystère d’un bâtiment antique aux 500 dés à jouer

Publié le Lundi 20 Juillet 2026

À Grand, la campagne de fouilles archéologiques 2026 est en cours à proximité immédiate de la basilique et de sa célèbre mosaïque. Les recherches, menées par le Conseil départemental des Vosges avec le soutien du ministère de la Culture, visent à mieux comprendre la fonction d’un petit bâtiment antique associé à une découverte exceptionnelle : la plus importante collection de dés à jouer de l’Antiquité jamais mise au jour.

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Un chantier ouvert au public jusqu’au 30 juillet

Lancée en 2022, cette opération de fouilles cherche à localiser avec précision les vestiges étudiés dans les années 1960 afin d’en reprendre l’analyse. La campagne 2026 se concentre sur le contexte d’un petit bâtiment dont la fonction reste énigmatique.

Plusieurs hypothèses sont actuellement envisagées : un atelier de fabrication de dés à jouer, un sanctuaire ou encore un espace dédié aux jeux placé sous la protection d’une divinité. À ce stade, aucune ne peut être privilégiée. En revanche, les archéologues soulignent qu’il s’agit, pour l’Antiquité, de la plus importante collection de dés à jouer jamais découverte.

Le chantier est dirigé par Thierry Dechezleprêtre, conservateur en chef chargé des collections de la Gaule romaine au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Une quinzaine d’étudiants en archéologie issus de plusieurs universités françaises participent aux recherches. Le site, situé à côté de la basilique de Grand, est accessible au public jusqu’au 30 juillet, du lundi au vendredi.

Un bâtiment décoré et une conduite d’eau antique

Après le dégagement complet d’un bâtiment bordant une voie orientée est-ouest, les campagnes de 2023 et 2024 ont permis de révéler une petite construction d’environ 4,50 mètres de long sur 3,80 mètres de large. Implantée dans l’axe de la voie et ouverte vers l’est, elle possédait des murs décorés de peintures murales rouges reposant sur une plinthe jaune.

Au nord de cet édifice, les archéologues ont également mis au jour une conduite hydraulique matérialisée par une tranchée d’une vingtaine de mètres. Deux frettes en fer encore en place témoignent de l’utilisation, à l’époque romaine, de tuyaux en bois assemblés. À son extrémité, une fosse quadrangulaire pourrait avoir accueilli un bassin en bois, dont la fouille se poursuit cette année.

Les premiers vestiges découverts dans ce secteur comprennent notamment des fragments d’aiguilles, des dés, des céramiques et des ossements d’animaux.

Une découverte exceptionnelle de plus de 500 dés

Les sols autour du petit bâtiment ont livré une concentration remarquable d’objets : clous de chaussure, fragments de vaisselle, vestiges osseux, fibules, monnaies en bronze, aiguilles à chas et au moins 500 dés à jouer en os.

La présence de trois dés intégrés aux fondations du bâtiment laisse supposer un lien étroit avec cet édifice, dont la fonction reste encore à déterminer.

Les dés portent des numéros réalisés sous forme d’ocelles, un double cercle gravé à l’aide d’un fin touret métallique. Pour renforcer leur lisibilité, les gravures pouvaient être remplies d’un mélange de cire et de charbon. Leur disposition suit systématiquement le modèle dit « type Sevens », dans lequel la somme des faces opposées est toujours égale à sept.

Les dés, objets de jeu… et de divination

Dans l’Empire romain, les jeux de plateau utilisant des dés étaient pratiqués par toutes les catégories de la population. Ces objets sont retrouvés aussi bien dans des bâtiments publics, notamment les amphithéâtres, que dans les habitations ou certains camps légionnaires.

Les dés occupaient également une place dans les pratiques divinatoires du monde antique. Avec les osselets, ils faisaient partie des objets utilisés pour tenter de connaître son destin.

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